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U2 & nous : part.3

Troisième volet de notre tour d’horizon des membres de Sucking Rock And Roll, avec l’histoire de U2 & Bert.

Je dois vous dire que j’étais réticent à l’idée de faire un article sur ma passion pour U2, estimant que ce site n’était pas l’endroit où me raconter, et aussi parce que cela n’est pas dans ma nature.

J’ai finalement cédé à la volonté collégiale de mes partenaires et me suis lancé dans cet exercice plus difficile qu’il n’y parait.

Tout commence en 1993.

Aussi loin que je me souvienne, la première fois que j’ai réellement accroché sur U2 était en 1993. J’avais 13 ans, et bien sûr j’avais sûrement déjà entendu et sans doute aimé des tubes du groupe à la radio, mais sans vraiment les retenir ni chercher à savoir qui il y avait derrière. Le déclencheur fut Stay (Faraway, So Close !), sortie durant l’été 1993, et je me souviens l’avoir écoutée en boucle pendant plusieurs semaines. Et puis c’est tout.

Quelques mois plus tard, au détour d’une conversation, mon cousin me parle d’un groupe qu’il adore et se propose de me faire une compile sur cassette. Pourquoi pas. Ce fut l’étape charnière, la grande révélation. Dès la première écoute, le puzzle s’est reconstitué : Stay et toutes ces chansons que je connaissais et aimais sans vraiment le savoir, tout ça c’était le même groupe ! Et c’était le début d’une longue histoire.

En six mois, l’affaire était pliée, j’avais acheté tous les albums et toutes les VHS, j’étais passé de l’autre côté de la barrière, j’étais devenu un « fan » de U2.

Quinze ans plus tard…

Depuis cette date, la musique de U2 ne m’a plus quitté. J’ai vu le groupe une vingtaine de fois en concert, un peu partout en Europe et aux Etats-Unis, en salle, en stade, et même dans un club. J’ai imaginé, créé, et animé pendant quatre ans un site Internet qui est devenu et demeure le plus grand site sur U2 en français (U2 Achtung). Et j’ai rencontré des gens qui avaient la même passion que moi, j’ai tissé avec eux des liens, parfois dans le partage, parfois dans l’adversité. Certains sont devenus de véritables amis qui survivront à ma passion pour U2 si celle-ci s’avère périssable.

… un tiraillement.

Aujourd’hui, aimer U2 est parfois un tiraillement. J’ai aimé U2 bien au-delà de leur musique. Dans les années 90, ils représentaient précisément ce que j’attendais d’un groupe de rock, aussi bien dans l’attitude que dans le discours. J’aimais le côté démesuré de la chose, cette façon de voir les choses en grand, toujours plus grand, de s’imposer et de prendre à contre-pieds, de sortir des clous, de provoquer avec finesse et ironie.

L’apogée du U2 dont je suis fan était Mofo, qui – il me semble – est la synthèse parfaite de tout ce qui m’a fait aimer ce groupe. Une chanson difficile à appréhender, inattendue pour un groupe de rock, bordélique, déstructurée, presque insupportable à la première écoute mais qui se révèle peu à peu, dissimule un message et des sentiments derrière des paroles a priori sans intérêt, et devient un vrai mastodonte en live, une espèce de moment où la musique devient presque secondaire tant le titre fait le show.

A l’époque U2 était un groupe différent de tous les autres ; il l’est encore aujourd’hui mais est rentré dans le rang à bien des niveaux. J’aime toujours leur musique, je vais sans aucun doute adorer le nouvel album et m’éclater sur leur prochaine tournée, de toute façon depuis quinze ans j’ai perdu en objectivité les concernant. Mais j’ai ce tiraillement étrange de continuer à aimer quelque chose en sachant que le meilleur est derrière moi, et je sais que beaucoup de fans ont également cette sensation.

A chaque nouvel album j’aurais toujours cet espoir inavouable de les voir revenir à ce qu’ils avaient commencé avec Achtung Baby et qu’ils ont interrompus après Pop. A chaque nouvelle tournée je rêverais d’un vrai concept comme le furent Zoo TV et Popmart. Pour autant je sais pertinemment que ça n’arrivera plus, et ce même si Get On Your Boots se révèle plutôt perturbant tant il me parait posséder quelques bribes de ce U2 que j’adorais. The Fly et Discothèque me semblent toujours désignés pour rester un souvenir vaguement lointain, et dans un sens c’est sans doute mieux ainsi.

Réactions

  • fredo Posté le 26 janvier 2009 à 23:05

    oh putain merde, ça veut dire qu’après il y aura mon texte !?

    « volonté collégiale de mes partenaires»  je le savais ! je le savais ! ils sont bel bien plusieurs dans sa tête !

  • bert Posté le 27 janvier 2009 à 11:34

    j’aurais dû dire « volonté collégiale du rédac chef» , il se reconnaitra ;)

    et oui c’est toi le prochain, bon courage :p

  • jeremy Posté le 28 janvier 2009 à 17:34

    Je suis sur le cul j ai l impression que cet article s est ecrit de lui meme pour moi.

    Je suis oblige de revenir sur ce que tu dis j ai decouvert le groupe en 1993. en fait c est un film j ecoutais a la radio enormement de titres d achtung baby mais j avais egalement ma vieille cassette a 30 francs de war et des cassettes de rattle and hum ou joshua tree.

    Et un jour le choc je me rends compte aue les 2 groupes que je croyais distincts sont en fait le meme je tombe amoureux a jamais.

    Fan du U2 annee 90 j ai egalement toujours dit que MOFO est le morceau le plus courageux et le plus abouti (meme si pop est moyen pour moi) mais aussi celui qui marque la pente descendante.

    maintenant U2 est moins bon sur ses albums ainsi qu en live meme si ils restent toujours attractifs et j espere toujours toujours de reprendre une enieme claque.

  • Tchikyboy Posté le 29 janvier 2009 à 12:22

    si je comprends bien, c’est l’endroit où se retrouvent les fans de 1993 … ok me voilà.
    J’ai également l’impression de me relire … 1993, Zooropa et Under a Blood Red Sky (à prix choc !) achetés chez un petit disquaire histoire de découvrir le groupe sur lequel j’ai dansé à la dernière boom … ça y est … je suis cuit, je suis fan.
    2009, je pense aussi que le meilleur est derrière moi … ce n’est pas bien grave. finalement, ce que Runing to stand still, So cruel, All I want is you, One, et dans un autre style MOFO, Zoo station, Discothèque m’ont apporté, ça ne s’oublie pas.
    Wouah … c’est limite triste ce que j’écris. Allez un petit coup de GOYB et ça repart !

  • antho Posté le 5 février 2009 à 21:30

    Tiens coucou Bert, le faiseur de couv de bootlegs.. ;o)

    D’une certaine manière, lorsque U2 revient, on entend reparler egalement de ses fans.
    Belle présentation,qui reflète aussi d’une certaine manière mon parcours (sauf qu’au lieu de stay tu prends l’album zooropa et enfin le choc lelive de sydney) et mes attentes (etre deconcerté). Comme quoi, pas sidifférents en fait lol

    Perso GOYB etait moyen , mais je trouvais que les deux precedents albums le 1er single etait bien et l’abum faisiat un peu tomber l’enthousiasme.. donc si c’est l’inverse ici :D

    Et puis j’avoueraisque depuis que j’ai vu le clip avec le single c’est beaucoup plus digeste avec ce visuel, qui pourrait comme pour achtung baby donner le ton? (aaaahh espoir!! )

    Porte toi bien!

  • bert Posté le 5 février 2009 à 23:33

    Salut Antho ;)

    La forme ? Ravi de te relire en tous cas… Hé oui quand U2 revient, tout le monde se retrouve, j’aime bien ce genre de rendez-vous tous les 4 ans ;)

    Au plaisir de te recroiser sur le site!

    A+

  • TylerThumper Posté le 27 février 2009 à 18:29

    …un tiraillement…je suis plus que d’accord. Ce dernier album est très beau et me réconforte dans l’idée que U2 est plus que jamais avec nous. Mais qu’est ce que j’aimerais un album comme Achtung Baby ou Pop… Mais les gens évoluent, et la musique prend un autre chemin. Pour moi, Pop était le pétage de câble ultime et malheureusement, ça n’arrivera surement plus. Snif.

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